Alexander Kielland

Alexander Kielland

Résumé

Portrait de Alexander Kielland Alexander Kielland La Revue hebdomadaire

Et en disant ces mots, il posa sa main sur celle de la jeune fille. Else retira vivement la sienne ; elle avait rougi et se sentait près de pleurer.
Alors, d’une voix lente et grave, il lui dit, sans la regarder :
— Je vous demande pardon, mademoiselle ; ma manière d’être, je le sens, est bien trop libre et trop légère pour une femme comme vous. Mais j’aurais trop de chagrin, si vous gardiez l’impression que je suis aussi frivole que j’en ai l’air. Souvent, vous le savez, il faut feindre la gaieté pour cacher ses souffrances ; il y a des gens qui rient pour ne pas pleurer.
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Portrait de Alexander Kielland Alexander Kielland La Revue hebdomadaire

Lorsque du haut de la colline qui dominait le presbytère ils contemplaient ensemble la mer irritée, le pasteur disait à sa fille :
— Vois, Else, ainsi est la vie ; la vie où s’agitent les enfants des hommes, que leurs passions impures secouent ainsi que de fragiles esquifs pour recouvrir ensuite le rivage de leurs débris. Celui-là seul qui se fait un rempart d’un cœur pur peut braver l’orage, et les vagues impuissantes viennent se briser à ses pieds.
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Portrait de Alexander Kielland Alexander Kielland La Revue hebdomadaire

Le petit Angarius contemplait leurs querelles dans la haie du jardin du presbytère, et se figurait voir une grande bataille accompagnée de charges de cavalerie. Comme il était en train d’étudier l’histoire de Norvège avec son père, tout ce qui se passait autour de lui prenait à ses yeux une couleur guerrière. Quand les vaches rentraient le soir du pâturage, c’étaient pour lui des masses de troupes qui s’approchaient, et les poules étaient la garde nationale avec le coq pour capitaine à leur tête.
« Quel naturel sauvage a cet enfant ! » pensait le pasteur.
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