Résumé

André Cresson La morale de la raison théorique… (1903)

Il n'enest pas moins vrai qu'elle reste souvent la suprême ressource de la sagesse.
Une des conditions les plus indispensables du bonheur est, en effet, si la définition que nous en avons donnée est exacte, de ne laisser se développer aucun désir de l'impossible. Celui qui souhaite l'impossible est condamné, à la fois, au désir perpétuel et à la perpétuelle contrariété. Il est comme l'abeille enfermée dans une chambre, qui se précipite vingt fois vers la lumière et qui, vingt fois, vient heurter douloureusement et rageusement sa tête à la vitre qui la sépare du grand air et de la liberté.
Source : Gallica

André Cresson La morale de la raison théorique… (1903)

Tant que notre conscience est remplie par notre volonté, tant que nous sommes asservis à l'impulsion du désir, aux espérances et aux craintes continuelles qu'il fait naître, tant que nous sommes sujets du vouloir, il n'y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Poursuivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, c'est, en réalité, tout un : l'inquiétude d'une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu'elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or, sans repos, le véritable bonheur est impossible.
Source : Gallica

André Cresson La morale de la raison théorique… (1903)

Et ceux qui, en paroles, se disent au comble du désespoir, mais qui continuent cependant de vouloir vivre, sont ceux qui ont encore au fond du cœur une lueur d'espérance soit en cette vie soit en une autre. Le bonheur est le rêve de tous les instants de notre existence. C'est vers lui que l'ensemble de nos désirs nous porte avec une force irrésistible. Et les hommes vertueux eux-mêmes ne le sont peut être que parce qu'ils sentent que, s'ils ne l'étaient pas, ils seraient éternellement mécontents d'eux-mêmes et, par conséquent, éternellement malheureux.
Source : Gallica

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