Émile Beaussire

Résumé

Émile Beaussire Les principes de la morale

« Le véritable honnête homme, que l’on rencontre quelquefois, non-seulement ne songe, pas à une contrainte légale, religieuse ou politique, lorsqu’il s’acquitte d’une dette : il ne pense même pas à une obligation qu’il s’imposerait à lui-même. Il fait le bien avec un simple sentiment de plaisir à le faire, et, en vérité, il souffrirait avec peine que quoi que ce fût l’empêchât de le faire. »
Il est aisé de voir combien l’obligation morale embarrasse M. Spencer, comme elle avait embarrassé avant lui tous les utilitaires, dont il n’a été que le continuateur en les dépassant.
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Émile Beaussire Les principes de la morale

Je ne lui reprocherais que de prendre trop de précautions contre l’excès du désintéressement : ce n’est pas de ce côté que risque de pencher l’humanité, quelque progrès qu’elle réalise dans son évolution morale. J’accepterais donc ce traité de paix entre l’égoïsme et l’altruisme ; mais j’en voudrais élargir la base, au nom du principe même de l’évolution, comme des vrais principes de la morale : le bien général, pas plus que le bien personnel, ne saurait se réduire au point de vue étroit du bien-être ou du bonheur, c’est-à-dire, au fond, du plaisir.
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Émile Beaussire Les principes de la morale

Ce n’est nullement, comme on paraît le croire, une société d’êtres abstraits qui, pour pouvoir compter parmi ses membres et agir comme tels, seraient condamnés à se dépouiller de leur éducation, de leurs croyances, de leurs habitudes particulières de penser et de sentir, de tout ce qui peut devenir entre eux un sujet de divergence. Chacun y apporte ses opinions personnelles, même celles qu’il a puisées à une source religieuse ; mais toute opinion doit se laisser discuter : nulle n’a le droit de s’imposer au nom d’une autorité surnaturelle.
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