Frédéric Paulhan

Résumé

Frédéric Paulhan La morale de l'ironie (2e édition… (1914)

Le bonheur, les joies, la vie peuvent être obtenus par surcroît, mais ils sont secondaires. Le bien n'est pas le bien parce qu'il rend la vie possible; il est le bien parce qu'il est le bien. Il n'est pas le bien parce que telle est la volonté de Dieu. Dieu ordonne le bien, il ne le crée pas. Encore moins trouverions-nous les raisons du bien dans les conditions de l'existence et du non-être. La morale est tellement en dehors de l'homme qu'accomplir un acte par affection pour autrui ou par patriotisme, ce n'est nullement là, pour louable que soit l'acte, agir en être moral.
Source : Gallica

Frédéric Paulhan La morale de l'ironie (2e édition… (1914)

Le bonheur dans la vie présente, l'harmonie, par la volonté de Dieu, dans une nouvelle vie, l'accord final des désirs et des actes sur la terre, mais seulement chez une humanité future, enchantent les esprits et les plient à la loi sociale. Et l'âme collective les ramène d'une idée à l'autre, selon que celle-ci ou celle-là s'adapte mieux tel siècle, à telle classe ou à tel individu.
Source : Gallica

Frédéric Paulhan La morale de l'ironie (2e édition… (1914)

Souvent la tendance la plus forte, la plus impérieuse, celle dont l'exercice serait indispensable à l'équilibre organique ou psychique de l'individu n'est point du tout celle que la société trouve son intérêt à faire épanouir. Un penchant violent à la luxure, une gourmandise raffinée, une malheureuse passion pour la littérature ou la musique, un amour sans réciprocité peuvent susciter des désirs très vifs. L'harmonie du moi exigerait leur satisfaction, l'harmonie sociale en serait troublée. L'ensemble et l'élément sont en conflit, et, dans l'individu, le nous se heurte au moi.
Source : Gallica

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