Résumé

Frédéric Paulhan Le mensonge du monde (Nouvelle édition… (1930)

Si l'évolution est la formation graduelle, plus ou moins lente, d'une association, nous devons rencontrer en elle les éléments abstraits de l'association, le « même » et l' « autre » et la subordination graduelle de l'autre au même. Et ce sera, si l'on veut, le côté métaphysique de l'évolution, ou du moins, un fragment de l'interprétation philosophique de l'évolution, et aussi de l'existence. Le « même » est essentiel à l'évolution. Pas d'évolution sans quelque chose qui subsiste, substance ou forme, si l'on peut distinguer l'une de l'autre, et on le peut provisoirement.
Source : Gallica

Frédéric Paulhan Le mensonge du monde (Nouvelle édition… (1930)

Et pourtant, pour apprécier l'évanescence, il faut savoir comment a été remplie la fonction, et par conséquent ce qu'était cette fonction. Mais l'homme est aussi enclin à renier ses précurseurs, ceux qui se sont usés à faire de lui ce qu'il est maintenant, qu'il l'est peu, à regarder ses successeurs, à comprendre qu'il travaille pour d'autres, que ce qu'il fait doit s'évanouir aussi dans une réalité différente. Il aime à trouver en lui-même et sa raison d'être et sa propre fin, à concentrer en soi tout l'essentiel de la vie. Il veut travailler pour l'éternité.
Source : Gallica

Frédéric Paulhan Le mensonge du monde (Nouvelle édition… (1930)

En tout cas, elle est toujours le terme logique de l'évolution, celui vers lequel tend tout progrès. Si nous ne pouvons trouver nulle part une fin absolue, et qui ne puisse être un moyen, par rapport à une fin plus synthétique, la loi d'évanescence doit s'appliquer à tout ce qui évolue régulièrement. Mais si elle marque, pour tout progrès, l'achèvement et la perfection, la finalité même ne peut pas plus faire exception à la loi d'évanescence que l'évanescence échapper à la loi de finalité. Il n'est pas jusqu'à l'existence même à qui elle ne puisse s'appliquer.
Source : Gallica

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