Résumé

Portrait de Alfred Fouillée Alfred Fouillée Nietzsche et l’immoralisme

N’y a-t-il là, comme le prétendent Hobbes ou La Rochefoucauld, qu’une crainte déguisée de la douleur qui pourrait un jour m’arriver à moi-même ; n’y a-t-il qu’un sentiment de mon propre mal dans le mal d’autrui ? Non, ce qui me préoccupe dans votre souffrance, ce n’est pas mon mal, ce n’est pas même exclusivement votre mal. Quelque chose s’élève au-dessus de nous deux qui, en nous dominant l’un et l’autre, nous rapproche l’un de l’autre ; c’est un idéal de solidarité universelle et même de justice universelle.
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Portrait de Alfred Fouillée Alfred Fouillée Nietzsche et l’immoralisme

Et n’ont-ils pas raison ? Tout ce qui est beau et bien n’existe-t-il pas sans nous et ne se maintient-il pas par sa propre vertu ? À quoi bon l’effort incessant, tendant à un progrès sans relâche et sans but ? Cette activité inquiète, qui s’agite sans fin, peut-elle le moins du monde contribuer au développement de la plante infinie de l’humanité, qui croît et se forme d’elle-même ? Le travail, la recherche de l’utile est l’ange de mort à l’épée flamboyante qui empêche l’homme de rentrer au paradis.
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Portrait de Alfred Fouillée Alfred Fouillée Nietzsche et l’immoralisme

« La vie ne peut être complètement égoïste, même quand elle le voudrait. Il y a une certaine générosité inséparable de l’existence, et sans laquelle on meurt, on se dessèche intérieurement. Il faut fleurir ; la moralité, le désintéressement, c’est la fleur de la vie humaine. » Non moins poète que Nietzsche, mais d’une raison plus saine et plus ferme, il nous rappelle, dans une page souvent citée, que l’on représente la charité sous les traits d’une mère qui tend à des enfants son sein gonflé, de lait, et, au lieu de voir là une négation de la vie, il y voit la suprême affirmation de la vie.
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