Frédéric Rauh

Résumé

Frédéric Rauh L'expérience morale (1903)

La forme de la pensée resterait universelle, quand le contenu en serait singulier. La conscience rationnelle n'est pas tout ; mais elle juge de tout.
Il est vrai de dire que le premier devoir est d'être sincère. Un manuel de méthodologie morale est un manuel de sincérité. Mais il faut distinguer la sincérité d'une raison et celle d'un tempérament, ou encore celle d'un penseur proprement dit et celle d'un artiste qui n'exprime que son tempérament. Il y a des hommes qui modèlent leur vie comme une oeuvre d'art, oeuvre individuelle, parfaite en soi, indépendante de l'univers.
Source : Gallica

Frédéric Rauh L'expérience morale (1903)

Or un sentiment vraiment fort est évidemment celui qui n'a besoin que de soi-même pour subsister. L'amour est tout puissant — nous ne disons pas, bien entendu, qu'il soit alors légitime — quand il n'a besoin d'être soutenu ni par l'estime, ni par le respect. Il peut être dangereux de laisser voir à une femme — la femme veut avant tout être aimée — que si on l'aime c'est surtout parce qu'on l'estime.
Mais la croyance morale peut être dite surtout une expérience, non l'expérience d'un fait, mais l'expérience d'un idéal.
Source : Gallica

Frédéric Rauh L'expérience morale (1903)

Les porteurs d'une idée morale étroite et puissante auront de plus en plus à tenir compte de la critique, de la morale collective. Nous ne sommes plus dans la période héroïque de la science et de l'action; la diffusion de la culture, la démocratisation de la pensée oblige les créateurs eux-mêmes à tenir compte de l'opinion, non seulement parce qu'elle est une force, mais parce qu'elle est une lumière. Il faut que le génie, les grands partis pris moraux reçoivent leur limite de la conscience commune. Parce que l'homme admire le torrent, doit-il se laisser emporter par lui?
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature