Résumé

André Cresson Le malaise de la pensée philosophique (1905)

Demandez-le à votre conscience, répond Secrétan. Elle vous dit que vous avez un devoir qui s'impose à vous d'une façon impérative, obligatoire, absolue ; elle vous affirme que vous n'avez pas le droit de révoquer en doute ni même d'examiner ses affirmations. C'est le fait initial sur lequel doit s'élever tout l'édifice de la croyance. Négliger notre conscience, ce serait, en effet, nous condamner à ses reproches, ce serait être insincère.
Le sentiment du devoir est « universel » (1) dans l'humanité. Sans doute tous les hommes n'entendent pas l'obligation de la même manière.
Source : Gallica

André Cresson Le malaise de la pensée philosophique (1905)

En fait, la solidarité la plus étroite relie entre eux les individus; toutes les choses, tous les êtres qui existent ont les uns sur les autres une action réciproque. La création est une œuvre une. L'individu ne subsiste que dans l'espèce et par elle. L'espèce n'est concevable que dans le monde et par lui. Tout est lié à tout. Et c'est là un fait normal. Car notre « conscience morale » nous le dit: « Notre devoir est d'affirmer » la solidarité. « Qu'est-ce que la philanthropie, qu'est-ce que l'amour, sinon cette affirmation de la solidarité comme notre condition normale ? »
Source : Gallica

André Cresson Le malaise de la pensée philosophique (1905)

Ce qu'elle a de mauvais et d'inutile, c'est le dogme traditionnel, c'est le culte, qui en sont le corps. Ce qu'elle a de satisfaisant et de fécond, ce qui en fait l'âme, c'est l'idée que la vie a un sens, qu'elle n'est pas vaine. C'est l'idée qu'un bien, un vrai, un beau absolus sont possibles. C'est le sentiment que nous ne les possédons pas et que nous devons travailler de toutes nos forces à les réaliser dans la mesure de nos aptitudes. Cette idée, ce sentiment, rien ne saurait prouver qu'ils sont absurdes. Ils sont d'ailleurs éminemment utiles au développement de la vie morale.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature