Résumé

C. de S… Revue des Deux Mondes

À chaque pas que fait la Russie, toujours proportionné à ses formes colossales, elle s’arrête, s’organise militairement, et ne repart de là que quand sa conquête est devenue sous tous les rapports, partie homogène de cette masse compacte qui s’avance tout d’une pièce, tantôt sur l’Europe, tantôt sur l’Asie. Loin de l’affaiblir, ses nouveaux domaines la fortifient, parce que chacun d’eux devient successivement un nouveau rempart dont la population, exercée aux armes et rien qu’à cela, est le premier gardien.
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Napoléon fit, on peut le dire, des guerres d’entraînement, presque toutes de nécessité ; la Russie ne fait que des guerres froides et calculées. Alors c’était un seul homme que l’ambition poussait ; aujourd’hui c’est une nation entière. Cet homme était gêné dans sa marche par les besoins de son peuple qui demandait autre chose que des conquêtes ; le Czar est poussé lui-même par les siens, qui, passifs et mus seulement par le sentiment du bien-être matériel, demandent des contrées plus heureuses et plus fertiles que celles qu’ils habitent.
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Les pays envahis par la Russie sont aujourd’hui tels qu’elle les a trouvés ; car elle promet de la civilisation comme elle offrait à la Perse de lui fournir des officiers pour discipliner ses armées. Elle n’en veut que ce qui concourt à son but, et ceux qui l’observent ailleurs qu’à Pétersbourg savent la liberté qu’elle réserve aux provinces européennes de la Turquie, si elle parvient à s’en emparer.
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