Résumé

Portrait de F. Brunetière F. Brunetière Revue dramatique - 31 janvier 1879

Mais les situations et les coups de théâtre sont ici préparés, ménagés, amenés par deux hommes qui ne se résigneraient aisément à rien de banal, à rien de vulgaire, et qui parlent à nos esprits d’abord, à nos yeux ensuite, à nos nerfs jamais. Ni au théâtre, ni même peut-être dans le roman, la nouveauté, la nouveauté vraie n’est dans l’invention du fonds. L’histoire de toutes les littératures est là, que l’on peut invoquer pour prouver qu’il n’est pas de plus mince mérite que d’étonner le lecteur ou de surprendre le spectateur.
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Portrait de F. Brunetière F. Brunetière Revue dramatique - 31 janvier 1879

En voyant le drame se dérouler, en entendant passer tous ces mots de dignité, d’amour, d’honneur, de patrie, dont pas un ne sonnait à faux, les seuls qui ne vieillissent pas ou plutôt qui respirent l’éternelle jeunesse, en écoutant cette langue si limpide et si ferme, on se sentait transporté dans un monde idéal, vrai de la vérité poétique, la seule qui soit digne de l’artiste et de l’art.
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Portrait de F. Brunetière F. Brunetière Revue dramatique - 31 janvier 1879

C’est ainsi qu’en applaudissant au drame de M. Cherbuliez il semblait regretter par instans que l’action ne marchât pas plus vite, que questions, réponses et répliques ne tombassent pas plus rapidement les unes sur les autres. C’est qu’en effet il a pris la déplorable habitude, l’habitude qui sera quelque jour mortelle au théâtre littéraire, de ne pas apprécier autant qu’il devrait faire l’agrément d’une conversation soutenue. Dans les pièces à la mode, une action brutale va d’un bas si prompt que le dialogue a peine à la suivre.
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