Résumé

Georges Espitallier Six bonzes et une vieille femme…

Teû s'avance encore. Mais oui : c'est un bonze accroupi, immobile.
Une colère immense s'empare de l'ivrogne qui voit tout tourner autour de lui. Il jure par ; les mânes de son père, de sa mère, de ses aïeux mâles et femelles, par Bouddha, par les Génies du bien, du mal, de l'eau, du feu, et tous les autres réunis. — Ah ! cette fois, s'écrie-t-il, c'est trop fort. Misérable Sành, tu me payeras toutes les misères que tu m'a faites et je ne t'enterre plus !
Source : Gallica

Georges Espitallier Six bonzes et une vieille femme…

Le soleil, frappant les deux crânes polis, y met deux points brillants comme des étoiles, lueur fugitive et trompeuse : les deux crânes, du mort et du vivant, sont vides d'esprit.
Teû traverse le pont, il court dans la campagne, longtemps, s'éloignant toujours, tout en marmottant.
— Tu l'aimais donc bien cette vieille ? dis, neveu Sành ? Elle n'est pourtant pas belle.
C'était peut-être le choum-choum qui t'attirait? Fallait le dire plus tôt: je t'en aurais versé une rasade avant de partir. Mais, voyons, entre nous, quand on est mort, on n'a
plus soif.
Source : Gallica

Georges Espitallier Six bonzes et une vieille femme…

Il y laisse couler le neveu Sành et la terre après lui, piétinant pour rendre la couche compacte et solide.
La terre s'élève en tertre au-dessus de la plaine. Teû s'éloigne un peu, s'arrête, et doucement se glisse derrière une touffe d'arachides. Retenant son haleine, il reste là, les yeux fixés sur le tumulus tout frais. Il guette le neveu, prêt à le ressaisir s'il s'avise de soulever encore son épais linceuil d'argile.
Source : Gallica

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