“ C’est Jésus, tel qu’il le voit chaque dimanche dans le tableau qui orne le fond de la vieille église. Bernard Londas regarde le Christ avec un mélange de bonheur et d’effroi. Un doigt qui semble fait de lumière approche de son épaule veuve, touche la place où, après l’accident, il fallut couper le bras. Miracle ! l’infirme a ses deux bras. Et le vieillard redevient, fort et hardi, le jeune homme dont il se souvenait à peine. En quelle allégresse il manœuvre sa barque. ”
Citations de Le Radical (Han Ryner)
“ La Bonne-Mère, au large, voile éployée et vibrante comme une joie. Bernard n’est pas seul sur la barque. À l’arrière, debout, vêtu non d’un costume de marin, mais d’une longue robe blanche aux plis simples et droits, un homme comme on en voit dans les peintures et dans les rêves. ”
“ L’image du petit orphelin qui allait entrer dans une vie si sombre se mêlait dans l’esprit de Londas tantôt à l’image de la Bonne-Mère battue par la tempête et qu’il ne pouvait secourir, tantôt à la vision de l’enfant Jésus né dans une crèche pour aller, à travers les persécutions, vers le supplice de la croix. Dimanche dernier, au sortir de la messe, Bernard s’était arrêté près du porche de l’église, devant la crèche où l’enfant rayonnait dans la paille radieuse, où le bœuf et l’âne soufflaient pour le réchauffer, où Marie et Joseph penchaient vers lui leurs douces figures protectrices. ”
