Jean-Joseph Laurent, Légendes de l'Alsace. [Signé : J.-J. Laurent… (1863-1865)
“ Mais chez l'homme , ici-bas , il n'est rien d'immuable, Rien , pas même le désespoir. Ainsi Conrad , d'abord inconsolable, Du temps enfin ressentit le pouvoir. A ses sombres accès, dirai-je à sa folie ? Succéda le chagrin , moins profond et moins noir ; Puis la douce mélancolie, Pendant le reste de sa vie , Prit et garda la place du chagrin. Tout le jour il priait ou bêchait son jardin ; Le soir il s'endormait sur son lit de fougère ; Et, vers minuit, lorsque du monastère Les cloches, au timbre argentin, Sonnaient l'heure de la prière, Il sortait de sa couche et quittait sa chaumière ”
