Résumé

Jules Girard Notice sur Théognis de Mégare

Dépouillé lui-même de ses biens, il ne trouve de satisfaction que dans l’amertume de ses plaintes et dans l’expression de ses regrets. Plût aux dieux qu’il pût boire le sang noir de ses spoliateurs ! Telle est l’imprécation, renouvelée de l’Hécube d’Homère, qui s’élance de cette âme aigrie par la pauvreté, irrité à la fois par les violences de ses adversaires et par les trahisons des siens. Il aime aussi à se représenter les jouissances perdues, qui autrefois étaient réservées à cette société particulière que formaient les nobles.
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Jules Girard Notice sur Théognis de Mégare

THÉOGNIS DE MÉGARE
PAR
M. Jules GIRARD
de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Théognis est moraliste et passionné ; c’est là ce qui le distingue des autres poètes que les anciens Grecs honoraient comme leurs maîtres et leurs éducateurs. Isocrate le cite avec Hésiode et Phocylide parmi les meilleurs conseillers auxquels on puisse demander la science de la vie ; ses vers élégiaques ont été pendant des siècles appris par cœur dans les écoles : et ce sage nous a transmis avec ses préceptes l’expression ardente de ses haines, l’éloquent témoignage de ses émotions et de ses douleurs.
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Jules Girard Notice sur Théognis de Mégare

Noble lui-même, il trouve les expressions les plus méprisantes qu’ait pu inventer l’orgueil de race, pour flétrir l’usurpation des vilains, ces êtres à demi humains qui naguère, exclus de la cité, vivaient sur la montagne comme des bêtes sauvages, dont le cou plié par la servitude ne peut se redresser, qu’il faut écraser du talon, dont l’incurable grossièreté est aussi impuissante à produire des enfants de bonne nature que les oignons des scilles à donner la rose ou l’hyacinthe.
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