Résumé

Lettre particulière. (Signé : Courier… (1820)

Si tu te conduis bien, que tu sabres ces vilains, quand je te le commanderai, si je suis content de toi, j'écrirai à mon père qu'il te fasse laquais, garde de chasse ou portier. —Allez, mon lieutenant. — Oh le mauvais sujet. Va, tu en mangeras, de la prison; je te le promets.
D'autres content autrement. L'arrivée de Benjamin annoncée à Saumur, fit plaisir aux jeunes gens qui voulurent le fêter : non que Benjamin soit jeune ; mais ils disent que ses idées sont de ce siècle-ci, et leur conviennent fort. La jeunesse ne vaut rien nulle part, comme vous savez; à Saumur elle est pire qu'ailleurs.
Source : Gallica

Lettre particulière. (Signé : Courier… (1820)

Tu penses comme Benjamin; tu aimes la révolution. — Je hais les coups de bâton. —Tu as tort, mon ami; tu ne sais pas ce que c'est. Ils ne déshonorent point quand on les reçoit d'un chef ou bien d'un camarade. Que moi, ton lieutenant, je te donne la bastonade , tu la donnes aux soldats en qualité de sergent; aucun de nous, je t'assure, ne seroit déshonoré. — Fort bien. Mais mon lieutenant, qui vous la donnerait ? — A moi? personne , j'espère. Je suis gentilhomme. — Je suis homme. — Tu es un sot, mon cher. C'étoit comme cela jadis. Tout alloit bien. L'ancien régime vaut mieux que la révolution.
Source : Gallica

Lettre particulière. (Signé : Courier… (1820)

C'est une étrange chose ; car enfin la noblesse ne leur dispute rien; pas un gentilhomme ne prétend être caporal ou sergent. La noblesse, au contraire, veut assurer ces places à ceux qui les occupent, fait tout ce qu'elle peut pour que les bas officiers ne cessent jamais de l'être, et meurent bas officiers, comme jadis au bon temps. Eh bien , avec tout cela ils ne sont pas contents. Bref, les bas officiers ou ceux qui l'ont été, qu'on appelle à présent officiers de fortune , s'accommodent mal avec les officiers de naissance, et ce n'est pas d'aujourd'hui.
Source : Gallica

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