Résumé

Portrait de Jules Laforgue Jules Laforgue Œuvres complètes de Jules Laforgue

Pourquoi pas ? Ah ! Dieu ! Dieu ! l’universelle Mère
Se tient devant ses fils en adoration
L’idéal vers qui râle obstinément la terre,
Est l’état naturel de la création.
Quel rêve ! de partout, par le noir sans limite,
Que pour l’éternité son sang illumina,
Ne montent vers ce Cœur, où l’univers palpite,
Que les cœurs consolés d’un unique hosannah !
Dans l’extase sans but, d’amour rassasiée,
Qui consume à jamais l’univers simple et pur,
Seule, on ne sait comment, la terre est oubliée,
La terre, si timide en sa ouate d’azur.
Mais il est temps encor ! Ah ! trouvons quelque chose.
Laissons tout, nos amours, nos rêves, nos travaux,
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Portrait de Jules Laforgue Jules Laforgue Œuvres complètes de Jules Laforgue

SONNET POUR ÉVENTAIL
Stupeur ! Derrière moi, sans que j’aie existé,
Semant par l’infini les sphères vagabondes
En les renouvelant de leurs cendres fécondes,
A coulé lentement toute une éternité.
Jamais ! Puis me voilà dans la nuit rejeté.
Tout est fini pour moi, cependant que les mondes,
L’autre éternité, vont continuer leurs rondes,
Aussi calmes qu’aux temps où je n’ai pas été.
Juste le temps de voir que tout est mal sur terre,
Que c’est en vain qu’on cherche un cœur à l’univers,
Qu’il faut se résigner à l’immense mystère.
Et que, sanglot perdu, lueur aux cieux déserts,
Pli qui fronce un instant sur l’infini des mers,
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Portrait de Jules Laforgue Jules Laforgue Œuvres complètes de Jules Laforgue

Comme la nuit est lointainement pleine
De silencieuse infinité claire !
Pas le moindre écho des gens de la terre.
Sous la Lune méditerranéenne !
Voilà le Néant dans sa pâle gangue,
Voilà notre Hostie et sa Sainte-Table,
Le seul bras d’ami par l’Inconnaissable,
Le seul mot solvable en nos folles langues !
Au delà des cris choisis des époques,
Au delà des sens, des larmes, des vierges,
Voilà quel astre indiscutable émerge,
Voilà l’immortel et seul soliloque !
Et toi, là-bas, pot-au-feu, pauvre Terre !
Avec tes essais de mettre en rubriques
Tes reflets perdus du Grand Dynamique !
Tu fais un métier, ah !
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