Marie Le Franc

Marie Le Franc

Résumé

Portrait de Marie Le Franc Marie Le Franc L’âme maternelle

Toutes ses rancœurs refoulées lui montaient aux yeux et aux lèvres.
— Tu comprends, n’est-ce pas, ma petite Paulette ? Je suis bien misérable. Je ne compte pour personne dans la maison, personne ne m’a jamais montré un peu d’affection, même quand j’étais indispensable. Quand je serai vieux, ce sera pire...
Puis tout à coup, il se souvint qu’il parlait à une enfant, à sa Paulette, qui jouait encore à la poupée. Son ivresse était tout à fait dissipée. Il plongea les yeux dans ses yeux, longuement, pour y chercher sa pensée.
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Portrait de Marie Le Franc Marie Le Franc L’âme maternelle

Le pauvre papa, qui avait bu du brandy ! et qui maintenant laissait lire à livre ouvert dans ses secrets, que fût-il advenu si Mme Romieux l’avait entendu ! — Le pauvre papa qui bégayait comme un enfant, qui se rapprochait de sa faiblesse à elle, Paulette, le pauvre papa qui, malgré ses emportements de tout-à-l’heure, venait de révéler une vie de labeur et de sacrifice silencieux, le pauvre papa qui souffrait du manque d’égards des siens !
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Portrait de Marie Le Franc Marie Le Franc L’âme maternelle

Comme il était pâle à présent, comme ses yeux, machinalement fixés sur les flammes du foyer, renfermaient de lassitude, et comme ses lèvres tremblantes disaient de découragement !
Il reprit, d’une voix presque humble, mais avec une ténacité dans la rancune et un attendrissement sur lui-même où Paulette reconnut une dernière influence de l’alcool, mais qu’elle était presque tentée de bénir à présent, puisqu’elle lui faisait connaître le cœur de son père, ce cœur douloureux qu’elle n’aurait jamais soupçonné.
— Je suis un homme tranquille, moi, et il m’a fallu vivre au milieu de l’agitation
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