T. V. Charpentier

Résumé

T. V. Charpentier Nolen. — Kant et Leibniz|

Donnons seulement un exemple de ces points difficiles, sur lesquels on peut être tenté de ne pas accepter sans discussion l’interprétation de M. Nolen. Kant a bien vu qu’un des problèmes principaux de la métaphysique consiste à rechercher comment la connaissance est la représentation de la réalité. La vérité consiste dans l’accord de l’esprit et de la nature, de la pensée avec son objet : soit ! mais comment un tel accord est-il possible ? Kant, suivant M. Nolen, fait à cette question une réponse très-simple : c’est qu’au fond l’objet n’existe pas, du moins il n’existe pas en soi.
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T. V. Charpentier Nolen. — Kant et Leibniz|

C’est ici la partie la plus originale du livre de M. Nolen. On est vraiment émerveillé de tout ce qu’il a dépensé de sagacité et d’érudition pour établir entre Kant et Leibniz une conciliation définitive. On peut dire qu’il a en grande partie réussi ; car, après avoir lu son travail, il est impossible de conserver cette opinion vulgaire, que la philosophie critique est le contraire de la métaphysique leibnizienne qu’elle a détruite sans retour ; on est amené à convenir que la philosophie critique diffère du leibnizianisme qu’elle complète bien plutôt qu’elle ne le détruit.
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T. V. Charpentier Nolen. — Kant et Leibniz|

La loi de la raison suffisante, que Leibniz a prise pour une loi des choses en soi, n’est donc qu’une loi des phénomènes, de la causalité empirique, c’est-à-dire des choses telles qu’elles apparaissent, et non des choses telles qu’elles sont. C’est de la causalité empirique et non de la causalité intelligible que Kant nie l’objectivité, et son scepticisme ontologique peut se ramener à cette proposition : le déterminisme leibnizien est une illusion subjective de l’esprit qui rend impossible la morale en rendant impossible la liberté.
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