Résumé

Th. de Wyzewa Revues étrangères - Une aventurière italienne au XVIIe siècle …

Fixée à Bologne depuis son mariage, Christine y avait aussitôt fait voir l’incomparable assemblage de qualités et de séductions qui était en elle. Passionnément curieuse de musique et de poésie, savante et spirituelle comme pas une autre femme de son temps, elle était, avec cela, si prodigieusement belle que, pendant un demi-siècle, nu homme n’a pu l’approcher sans en devenir amoureux.
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Et, tout d’abord, on pourra s’étonner, comme s’en étonnaient déjà les contemporains, qu’une jeune fille aussi merveilleusement douée, et presque de sang royal, ait consenti à épouser un homme d’honnête naissance, à coup sûr, mais fort au-dessous d’elle en toute façon. C’est que la petite Christine, lorsque André Paleotti l’a rencontrée à Florence, en 1663, avait déjà une « tache, » et qui ne lui permettait guère d’aspirer à un mariage plus digne de son rang.
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Pas un moment il n’admet l’idée que l’aventurière bolonaise ait pu être sincère, qu’un véritable amour ait traversé sa vie. « Rhétorique ! » nous dit-il ; et il se demande si les quatre sonnets ne se rapporteraient pas à des personnes différentes. Entre Christine elle-même, qui se plaint d’être délaissée de l’homme qu’elle adore, et quelques obscurs chroniqueurs, un Ghiselli, un Tioli, un fat ridicule et malfaisant comme Michel Bombaci, qui se plaisent à ne voir en elle qu’une courtisane et une entremetteuse il n’hésite pas : c’est à ces chroniqueurs que va toute sa confiance.
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