Gabrielle Allan-Dorval

Résumé

Gabrielle Allan-Dorval Le Livre rose

Madame d’Erneville pensait juste. Le comte avait réellement conçu pour Marianne une ardente passion ; quant à la marquise, il ne l’avait jamais aimée véritablement.
Elle était la femme la plus à la mode de Paris ; la beauté régnante, en un mot : il était naturel qu’il s’at tachât à son char. Son rang l’avait fait distinguer, parmi ses admirateurs, comme le plus digne d’aspirer à sa main. De là, comme je l’ai remarqué, la préférence dont elle lui avait fait honneur ; car la passion qui dominait l’esprit de la marquise était l’ambition.
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Gabrielle Allan-Dorval Le Livre rose

« — Vaine et ambitieuse fille ! continua la marquise irritée, votre silence prouve votre folie et votre crédulité ; prenez garde seulement que votre orgueil de croire à la passion d’un gentilhomme ne vous rende la dupe de ses artifices. Le comte Adhémar n’est qu’un débauché ! vous auriez bien mieux fait d’écouter les propositions de l’honnête duc de R***. Ce sont les seules, entendez-vous, Thérèse, qu’une domestique puisse accueillir, en fait d’alliance, avec un homme de condition. »
La marquise fut étonnée de l’impassible sérénité avec laquelle Marianne l’entendait.
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Gabrielle Allan-Dorval Le Livre rose

C’était un affront pour madame d’Erneville que ce démenti que la nature se plaît quelquefois à donner aux parchemins, en dotant de ses plus précieux dons ceux qui n’ont point affaire d’un vain titre. Le comte Adhémar ne parlait point de Marianne, mais elle n’en était pas moins l’objet de toutes ses pensées. Si, dans les premiers temps, à l’exemple des autres admirateurs de la marquise, il n’allait qu’une ou deux fois par semaine assister à sa toilette, il en était maintenant le courtisan le plus assidu.
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