Résumé

Portrait de Villemain Villemain D’une théorie politique de Béranger

Oui, aurait répondu le moindre disciple de la sagesse antique, si cette volonté est juste ; mais, si vous ne mettez en avant que la puissance du nombre, le poids de la foule, votre langage devient la négation du droit en lui-même : vous n’admettez pas une justice absolue, antérieure et dominante, à laquelle la loi même doit se conformer ; vous violez ou vous ignorez les principes, et vous faites mentir les mots, car ce que vous appelez la volonté de tous n’est jamais que la volonté de la majorité, et cette majorité même n’a pas le droit d’imposer l’iniquité.
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Portrait de Villemain Villemain D’une théorie politique de Béranger

La Cité de Dieu empruntait à la République de Platon ces nobles paroles que nous adresse saint Augustin : « Là où la justice n’est pas, le droit ne peut pas être ; car ce qui se fait au nom du droit doit être juste, et ce qui est injuste en soi ne peut se faire au nom du droit. On ne doit pas, en effet, appeler droit certaines décisions iniques des hommes, car eux-mêmes déclarent que le droit est ce qui émane des sources de la justice ; et c’est faussement qu’il a été dit, par quelques esprits malavisés, que le droit est ce qui est utile au plus puissant [6] . »
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Portrait de Villemain Villemain D’une théorie politique de Béranger

On tire quelquefois un peu arbitrairement les conséquences de ce qu’on appelle le droit naturel et le droit civil, on fait plus ou moins grande la part de l’un ou de l’autre selon la liberté d’action et la latitude de conscience qu’on désire se réserver ; mais cette loi du vrai et du juste, cette loi des lois, dont Dieu lui-même est l’auteur et le promulgateur [7] , disait le grand consul romain, si on la place une fois en tête de tout, on ne peut ensuite la tordre et l’infléchir à volonté.
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