Résumé

Charles Alexandre Souvenirs de Lamartine : fragment lu dans la séance publique de l'Académie de Mâcon… (1876)

L'enthousiasme a sa pudeur.
Mais, comment noter l'accent, le geste, le regard, la vie? Je l'avais entendu à la tribune, dans un discours prophétique ; au foyer, j'avais eu l'heureuse fortune de l'entendre dans la liberté et la grâce de l'intimité. Je connaissais le grand poète, le grand orateur; le génie, l'homme public. L'homme privé s'était révélé à cette première entrevue, noble et bon comme sa poésie. C'est le cœur le plus facile, le plus grand et le plus intime, me disais-je au retour. J'allais connaître l'homme, la grande âme aux sept cordes.
Source : Gallica

Charles Alexandre Souvenirs de Lamartine : fragment lu dans la séance publique de l'Académie de Mâcon… (1876)

Comme un flacon scellé, son cœur retenait son parfum.
Lamartine n'était pas la encore, et je n'attendais que lui seul. Le génie était absent, le temple était vide du Dieu. Inattentif a la causerie des femmes et de M. Dargaud, je regardais l'atelier. Le nid, c'est l'oiseau; le foyer, c'est l'homme. Mes yeux fixèrent à la droite de la cheminée une énorme toile qui couvrait un pan de mur, un grand portrait de Lamartine, assis sous un arbre, ses deux lévriers fidèles a ses pieds, peint par le talent mol de Decaisne.
Source : Gallica

Charles Alexandre Souvenirs de Lamartine : fragment lu dans la séance publique de l'Académie de Mâcon… (1876)

Un grand paysage de mer de Gudin la décorait : la mer, image du génie de Lamartine. Quel était le dîner? je ne sais. Je me râppelle une truite magnifique, parce qu'elle fut illustrée d'un badinage de Lamartine.
- Elle a été pêchée- au lac de Genève, c'est Huber Saladin qui me l'a donnée. Elle pesait 40 livres. On en pêche deux tous les ans de cette grosseur; l'une est envoyée au roi, l'autre à moi.
L'imagination du poète exaltait sa truite; il était
plus fier d'un poisson que d'une poésie.
Source : Gallica

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