Jules Ledard

Élements biographiques

Jules Ledard Pro patria (1892)

Car la guerre a passé par là, souffle empesté ! Les deux petits, sentant à travers un mystère Le deuil planer sur eux, s'obstinent à se taire Et marchent, se tenant par la main, sans gaieté.
Leur front a moins d'éclat et leur lèvre est moins rose, On dirait, par moment, qu'ils cherchent quelque chose Ou quelqu'un dont ils ont un vague souvenir.
La mère, qui n'a plus d'époux, ô sombre épreuve ! Regarde, n'osant plus songer à l'avenir : L'un qui sera soldat, l'autre qui sera veuve !
Source : Gallica

Jules Ledard Pro patria (1892)

Quant à la discipline, c'est non seulement le palladium de la Patrie, mais encore l'intérêt du soldat sur le champ de bataille; c'est la discipline, nous dit l'histoire, qui permit à Xénophon la retraite des dix mille, qui conduisit la petite armée d'Alexandre aux rives lointaines de l'Indus, qui, enfin, donna l'empire du monde aux aigles romaines.
Il faut encore une volonté inébranlable, une confiance illimitée dans nos chefs et en nous-mêmes, un dévouement sans bornes et un mépris constant du danger.
Source : Gallica

Jules Ledard Pro patria (1892)

N'est-ce pas déjà la famille, le foyer, le toit de chaume ou le palais qui nous ont vu grandir? N'est-ce pas aussi le département, la province, la France en un mot, tout entière ? Oui, et c'est encore la société française, cette société formée par de longs siècles d'aspirations communes, de traditions héroïques et de sacrifices. C'est cette unité acceptée, voulue, consacrée par des souffrances partagées, des dévouements réciproques, l'unité cimentée par le sang et les larmes des générations : voilà la Patrie !
Source : Gallica

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