Jules Ledard, Pro patria (1892)
“ Car la guerre a passé par là, souffle empesté ! Les deux petits, sentant à travers un mystère Le deuil planer sur eux, s'obstinent à se taire Et marchent, se tenant par la main, sans gaieté. Leur front a moins d'éclat et leur lèvre est moins rose, On dirait, par moment, qu'ils cherchent quelque chose Ou quelqu'un dont ils ont un vague souvenir. La mère, qui n'a plus d'époux, ô sombre épreuve ! Regarde, n'osant plus songer à l'avenir : L'un qui sera soldat, l'autre qui sera veuve ! ”
