Théodore Wyzewa

Élements biographiques

Théodore Wyzewa Revue des Deux Mondes

Au lieu de l’exquise créature qu’a imaginée le poète, sœur des Cordélia et des Desdémone, nous apercevons une femme corpulente et massive, étrangement dépourvue de tout attrait féminin, et dont le dur visage au front trop haut, aux yeux fixes, aux lèvres serrées, annonce une obstination orgueilleuse et hargneuse, un esprit sans souplesse et sans pénétration. Il n’y a rien de tout cela qui, en vérité, ne se lise clairement dans le portrait de Londres ; et c’est exactement tout cela que nous retrouvons dans les premiers chapitres du livre de M. Martin Hume.
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Théodore Wyzewa Revue des Deux Mondes

Décidé, sans doute, par la vue de ce portrait, Henri avait demandé la main d’Anne de Clèves. La jeune princesse s’était mise en route pour l’Angleterre, s’occupant, sur son chemin, à apprendre les jeux de cartes favoris de son auguste fiancé ; à Douvres, à Cantorbery, à Rochester, le peuple lui avait fait un accueil enthousiaste ; mais quand Henri, avant de venir lui-même lui présenter ses hommages, avait mandé auprès d’elle un de ses serviteurs, celui-ci, en levant les yeux sur la future reine, avait fait une grimace de mauvais augure.
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Théodore Wyzewa Revue des Deux Mondes

Pour moi, Henri VIII n’a pas été, le moins du monde, le souverain avisé et prévoyant que l’on nous a souvent décrit, fermement résolu, dès le premier jour, à délivrer son pays du joug de Rome ; mais bien plutôt un être faible, frivole, vaniteux, constamment prêt à devenir le jouet de ses passions, que des partis rivaux ont exploitées avec art au profit de certaines fins politiques et Religieuses, dans la lutte gigantesque qui a précédé la conversion définitive de l’Angleterre au protestantisme.
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