Résumé

Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XXIV

Le vrai péché originel c’est l’orgueil de l’homme qui l’a inventé, en se donnant dans l’univers une importance qu’il n’y a pas ; et la véritable offense faite à Dieu, c’est d’oser dire que Dieu est capable de s’offenser. Tel est, dis-je, le langage de l’incrédulité et de cette raison présomptueuse qui ose juger Dieu même ; mais la religion s’armant du feu de la charité, appuyé du feu temporel prolongé par le feu éternel, sait lui imposer silence ; et c’est elle seule que l’homme doit écouter, dans la simplicité de son cœur et la pauvreté de son esprit.
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Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XXIV

Tout remède est une innovation, et quiconque fuit les remèdes nouveaux, appelle, par cela même, de nouveaux maux ; car le plus grand de tous les novateurs, c’est le temps même : or, le temps changeant naturellement les choses en pis, comme nous venons de le dire, si l’homme, par sa prudence et son activité, ne s’efforce pas de les changer en mieux, quand verra-t-il la fin de ses maux ? Il est vrai que ce qui est établi depuis long-temps, et enraciné par l’habitude, peut, sans être très bon en soi-même, être du moins plus convenable
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Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XXIV

Supposez Dieu et l’homme tels qu’ils sont ; laissez entre ces deux êtres incommensurables la distance infinie que la différence même de leur nature y a mise, et n’ayant plus de faute commise, vous n’aurez plus de faute à réparer : chaque individu alors ne sera plus condamné pour la faute du père de tous les hommes, ni justifié par les mérites du fils de Dieu, mais absous par ses propres vertus, et condamné par ses propres vices, conformément aux idées de justice et d’équité que Dieu même lui a données.
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