Résumé

Félix Bodin De la France et du mouvement européen (1821)

Les idées se sont propagées plus vite que ne firent jamais les croyances. Elles semblent avoir formé, chez tous les peuples de l'Europe, une sorte de réservoir qui, rempli en silence, se déborde tout-à-coup avec une force irrésistible ; les gouvernemens veulent alors opposer des digues et il n'est plus temps; il fallait plutôt songer à creuser un lit au torrent impétueux, et il devenait aussitôt un fleuve bienfaisant. Les rois ont formé entre eux une sainte alliance ; ils auraient mieux fait de faire alliance chacun avec le peuple qu'il gouverne. Qu'ont fait les peuples?
Source : Gallica

Félix Bodin De la France et du mouvement européen (1821)

Mais si ce que vous appelez une faction est la nation presque entière , l'écho de ses paroles ne fait pas entendre un vain bruit.
Oui, je vais dire ce qu'on dit partout hautement, ce que pense la France entière. Le système suivi par le Gouvernement est mauvais : il faut qu'il change, ou nous sommes menacés des plus grands maux. Il n'y a pas de temps à perdre ; car le temps marche vite en France, et autour d'elle il entraîne tout.
Source : Gallica

Félix Bodin De la France et du mouvement européen (1821)

Il ne suffit pas qu'ils aient à défendre leurs propriétés, leurs foyers, leurs familles ; il faut encore qu'ils croient maintenir un ordre social, juste et protecteur de tous ; il faut qu'ils aient la conviction que leurs lois ont été faites dans l'intérêt général, et que celui qui viendrait les renverser détruirait par-là de fond en comble les bases de leur bonheur. Ainsi il ne peut y avoir d'esprit public chez les peuples mal gouvernés, ou du moins , lorsqu'il se manifeste, le gouvernement n'existe déjà plus.
Source : Gallica

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