Résumé

Portrait de Gabriel Compayré Gabriel Compayré Caro (E.). — Problèmes de morale sociale

Kant n’est-il pas le plus rationaliste des moralistes, puisqu’il subordonne les actions humaines à des lois impératives et absolues, que la raison pratique rattache ensuite à Dieu comme autant de commandements divins ? Sans doute, d’après Kant, la volonté est autonome : elle se commande à elle-même, mais elle ne le peut précisément que parce que l’esprit s’élève par delà la conscience empirique, à la conception d’une volonté rationnelle, volonté idéale qui a sa réalité propre en dehors de nous. Ce n’est donc pas de Kant, c’est de Proudhon, selon M, Caro, que relève la Morale Indépendante.
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Portrait de Gabriel Compayré Gabriel Compayré Caro (E.). — Problèmes de morale sociale

Peut-être se défie-t-il un peu trop du mouvement qui entraîne les sociétés modernes vers la démocratie. Le souvenir d’événements récents se mêle ici, par un retentissement douloureux, aux réflexions générales de M. Caro, et en explique les teintes sombres, le ton découragé. La démocratie ne peut que profiler d’ailleurs des avertissements sages que lui adresse, non pas précisément un adversaire, mais un conseiller légèrement pessimiste.
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Portrait de Gabriel Compayré Gabriel Compayré Caro (E.). — Problèmes de morale sociale

Quand on proclame, en effet, l’inviolabilité de la liberté, tout en se flattant de ne pas sortir de la région des faits, il est certain que l’on commet une confusion. L’obligation de respecter la liberté n’est ni un fait, ni une loi empirique. Elle est une loi rationnelle, ou elle n’est pas. On ne risque donc pas d’être un faux prophète quand on prédit aux moralistes de l’École Indépendante qu’ils sont destinés soit à aboutir au scepticisme moral, soit à revenir prendre rang parmi les disciples de Kant. La Morale Indépendante est une construction louable, mais fragile
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