Résumé

Auguste Ott Hegel et la Philosophie allemande

Les masses ne fondent leurs jugements que sur elle, et c’est à cause de la certitude profonde qu’elles y puisent que la voix du peuple a été appelée la voix de Dieu. Ce critérium du peuple sera le nôtre ; il sera pour nous le principe premier, admis sans preuve, au nom duquel nous examinerons la philosophie allemande. Il peut paraître étrange que nous jugions des questions métaphysiques au nom de la morale ; il serait bien plus étrange encore que la morale fût indifférente aux notions sur Dieu, sur le libre arbitre, sur l’immortalité de l’âme.
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Auguste Ott Hegel et la Philosophie allemande

Ce qui distingue le protestantisme, c’est la négation de toute autorité supérieure à la raison individuelle, « Je ne croirai que je me suis trompé, que lorsqu’on me l’aura prouvé, » a dit Luther à la diète de Worms : nul n’était donc tenu d’accepter les croyances des autres, de se soumettre aux mêmes devoirs qu’eux ; chacun était juge suprême et infaillible en toutes choses ; le moi se faisait centre et coordonnait tout de son point de vue. Or, ce que Luther a fait en religion, Kant l’a fait en philosophie. Jusque-là il avait existé un fonds commun de faits acquis, de notions reçues
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Auguste Ott Hegel et la Philosophie allemande

La France est une nation catholique ; chez elle, prédominent les sentiments d’unité, les idées sociales ; dans les croyances françaises, l’individu est subordonné à la société, le moi n’est qu’un point de la circonférence, la raison de chacun doit se soumettre à la raison de tous. L’Allemagne, au contraire, est la patrie du protestantisme, de l’esprit de division et de séparation ; chez elle le moi s’est fait centre, la raison individuelle ne reconnaît aucune autorité supérieure, le point de vue individuel domine le point de vue social.
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