Résumé

Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Souvenirs d'un voyage en Allemagne

Ni l’une ni l’autre ne triomphèrent à Lützen, mais la cause protestante y gagna l’honneur des armes. Wallenstein fit deux fautes : il se tint trop à l’écart du combat, demeurant dans sa litière [2] , et de là donnant ses ordres et guidant ses lieutenans avec une force d’esprit admirable, mais n’animant pas ses troupes en se montrant à leur tête, au moins sur la fin de la bataille, pour disputer obstinément et peut-être arracher la victoire à l’ennemi. Puis, le combat à peine terminé, il laissa si vite le champ de bataille aux Suédois que lui-même il sembla se reconnaître vaincu.
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Kant avait déjà fort subjectivé, comme on dit en Allemagne, toutes les connaissances humaines; Fichte alla jusqu’à les déduire directement du moi, et aboutit à cette formule suprême : moi=moi. De là cet idéalisme transcendantal où le non-moi, la nature et Dieu lui-même ne sont plus que des développemens du sujet-moi, lequel, à la place d’objets réels, n’a plus que des idées, c’est-à-dire ses propres créations, en sorte qu’il est ou paraît être à lui-même tout son univers, son unique dieu, l’être unique [13] . Voilà le second pas de la philosophie allemande.
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L’être en soi, l’être pur et indéterminé, ne peut produire l’être déterminé, à moins qu’on ne mette déjà dans l’être en soi et indéterminé une secrète et invisible puissance de détermination. Or on ne l’y peut supposer sans détruire l’hypothèse même dont on part, celle d’un être indéterminé sans qualité ni quantité, par conséquent sans causalité aucune, la catégorie de la causalité venant bien plus tard dans les classifications de M. Hegel, c’est-à-dire à la fin de la seconde partie de la logique.
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