Résumé

E. Caro Les deux Allemagnes. — Madame de Staël et Henri Heine

Hegel et tous les penseurs à sa suite n’hésitent pas à lui promettre la suprématie universelle, l’empire du monde. Et qu’on le remarque bien, il ne s’agit pas d’une domination mystique par la sympathie et l’amour, ni d’une suprématie d’intelligence, d’un rayonnement supérieur de civilisation ou de pensée. Il s’agit d’une domination très réelle, d’un empire objectif, pour parler ce singulier langage, qui n’a rien d’idéal au fond. Il faut que le monde appartienne à l’Allemagne pour que la philosophie de Hegel trouve son couronnement.
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E. Caro Les deux Allemagnes. — Madame de Staël et Henri Heine

II. La France entra avec un joyeux empressement dans la voie des larges sympathies que lui avait ouverte Mme de Staël. Son cœur et son génie sont naturellement hospitaliers. Généreuse jusqu’à la duperie, elle aime à admirer, elle aime à aimer : c’est pour elle la plus noble et la plus délicate des jouissances. Elle admira sans réserve l’Allemagne, elle l’aima sans restriction et sans défiance. Ah ! nous ne lui avons pas ménagé l’enthousiasme à ce nouveau monde découvert par Mme de Staël et révélé successivement dans ses riches domaines par nos plus hardis et nos plus savans explorateurs !
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E. Caro Les deux Allemagnes. — Madame de Staël et Henri Heine

Mme de Staël ne peut souffrir d’aussi injustes préjugés ; elle proclame hautement « que c’est sous ce rapport que la Prusse vaut le moins, et que ce qui doit intéresser à ce pays, ce sont les lumières, l’esprit de justice et les sentimens d’indépendance. » Toute cette Allemagne, sans exception, est peuplée de spéculatifs qui n’ont aucun regard pour les intérêts d’une politique terrestre. Dans un comptoir, sur un champ de bataille comme autour du tapis vert d’un congrès ou d’une conférence, ils ont la nostalgie du ciel.
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