Résumé

Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Promenade philosophique en Allemagne

Le Dieu que l’humanité adore n’est pas seulement la cause première d’où elle vient, mais le modèle qu’elle se doit proposer, et avec lequel elle se doit tenir en une perpétuelle communication par l’amour et par la prière. Or comment aimer et prier ce qui n’est ni intelligent ni libre, ce qui soi-même est dépourvu d’amour? Ah! quel Dieu, mes amis, qu’un Dieu sans conscience, sans intelligence, sans liberté, sans amour!
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Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Promenade philosophique en Allemagne

Dès que la raison n’est point par elle-même juge certaine du vrai, dès qu’elle est radicalement incapable de sortir d’elle-même et de connaître les êtres, le mal est sans remède. Dans son développement le plus vaste, elle pourra bien voir s’accroître le nombre des phénomènes qu’elle embrasse et soumet à ses lois; ses applications pourront se multiplier et s’étendre indéfiniment, sans jamais franchir la borne que Kant a posée. L’idée du devoir élève la raison dans un monde sublime, mais ce monde n’est encore qu’une transfiguration de la raison.
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Qu’est-ce que ce Dieu-là auprès de Socrate, qui, le sachant et le voulant, meurt pour rendre hommage à la vérité, auprès de Caton, préférant une heure de liberté à une longue vie, que dis-je? auprès de la pauvre femme qui, agenouillée, prosternée sur la pierre d’une église de village, offre à son Dieu ses souffrances et ses combats intérieurs, dans le sentiment obscur et confus du saint idéal auquel elle aspire, de la justice, de la bonté, de la perfection infinie qu’elle voudrait imiter et qu’elle désespère d’atteindre?
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