Résumé

P. Challemel-Lacour La Poésie païenne en Allemagne au XIXe siècle - Frédéric Hoelderlin

Chez nous au contraire, la disproportion et la lutte éclatent partout, dans l’art, dans la vie, dans l’état : les chefs-d’œuvre sont des monstres, le génie est une maladie ou une mutilation, la vertu est un tour de force, le gouvernement est un mécanisme qui maintient violemment sous le même joug des atomes épars et ennemis. L’intelligence humaine est divisée contre elle-même. L’hellénisme, en remplissant l’imagination et la vie, n’en laissait pas moins la pensée sans entraves, il ne prétendait pas guider la science.
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P. Challemel-Lacour La Poésie païenne en Allemagne au XIXe siècle - Frédéric Hoelderlin

Au moment où Hœlderlin et Hegel approchaient du terme de leurs études universitaires, dans cette terrible année 1793, l’Allemagne était en proie à une agitation qui soulevait à la fois tous les sentimens et toutes les idées. Le bruit de ce qui se passait au-delà du Rhin, troublant l’uniformité séculaire de la vie allemande, retentissait dans les cœurs comme l’écho grossi de quelque chose d’étrange et de colossal ; la stagnation dans laquelle les esprits languissaient sous le poids d’un despotisme toujours irritant les disposait d’autant plus à s’ouvrir à l’espérance.
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P. Challemel-Lacour La Poésie païenne en Allemagne au XIXe siècle - Frédéric Hoelderlin

En face de ce monde incroyant, où les accens de l’âme inspirée s’éteignent sans écho, où il n’y a place que pour l’action réglée et machinale, Hœlderlin voit surgir dans sa pensée la société grecque, prompte à l’admiration, sensible au beau, ouvrant ses temples aux grands noms, dans laquelle toute action retentit en poèmes, se fixe à jamais dans le marbre, s’embellit d’un reflet immortel dans les œuvres de l’art, a la beauté pour inspiratrice et pour récompense.
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