Antoine de Latour, Pèlerinage aux pays de Jeanne d'Arc… (1880)
“ Mais, ô Jeanne! hâte-toi; l'orage se rapproche, Et tu ne voudrais pas qu'on vît une autre fois, Abandonné de tous, un peuple sur la croix De sa misère au ciel jeter le long reproche. Elle ne viendra pas ; on ne voit plus chez nous, Depuis longtemps déjà, les anges redescendre; Mais Dieu peut envoyer, s'il ne veut nous la rendre, Son génie à nos chefs et son âme à nous tous. Qui donc réserves-tu, Seigneur, dans ta pensée, A l'honneur de porter sa bannière au combat? — Celui qui d'un bras fort, d'un cœur que rien n'abat, La prendra sur l'autel où Jeanne l'a laissée ! ”
