Résumé

Portrait de Henri Welschinger Henri Welschinger Leconte de Lisle bibliothécaire

« Quel dégoûtant animal ! — C’est un sanglier ! dit un ami. — Le croyez-vous sauvage ? » riposta Leconte de Lisle.
Il assistait parfois en curieux aux séances parlementaires et disait en sortant : « Ô Shakespeare ! que de paroles perdues ! » avec le même accent qu’il prenait pour dire, en nous montrant les rayons de la Bibliothèque chargés de livres : « Est-ce que vous avez lu tout ça ? » Puis il contemplait cet amas et ce ramas de bouquins du haut de son monocle rageur, levait les épaules, allumait un cigare et s’en allait... Tel était Leconte de Lisle bibliothécaire.
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Portrait de Henri Welschinger Henri Welschinger Leconte de Lisle bibliothécaire

« Nous nous sommes arrêtés à la première eau ! » Leconte de Lisle n’aimait pas le poète Lacaussade, son collègue et son compatriote de l’île Bourbon, qu’il accusait, avec Victor Hugo, d’avoir, il y a bien longtemps, tué le Latournelle de Marion Delorme. Cependant, celui-ci, à son arrivée à Paris, avait été fort obligeant pour lui, l’aidant de sa bourse et de ses bons conseils. Je ne sais ce qui avait pu diviser ces deux hommes ; mais ils se détestaient. Chaque fois que Leconte de Lisle passait devant le bureau de Lacaussade, il murmurait entre ses dents : « Makoko ! Cocotier ! »
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Portrait de Henri Welschinger Henri Welschinger Leconte de Lisle bibliothécaire

LECONTE DE LISLE BIBLIOTHÉCAIRE
La reprise des Érinnyes a ramené l’attention sur Leconte de Lisle. Le poète, le dramaturge, l’artiste incomparable qu’il était, ont suscité des articles pleins d’intérêt. Peu d’hommes ont été plus étudiés que lui, surtout après son élection à l’Académie, ce qui l’agaçait quelque peu, car il disait parfois : « Il me semble qu’avant 1886, j’étais déjà Leconte de Lisle ! »
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