Résumé

J.-B. May Revue des Deux Mondes

C’est qu’en France, répliquai-je, le pouvoir s’efforce en vain d’intimider la pensée. Nous savons obéir aux lois, mais non pas à l’arbitraire. Dans votre grand-duc, je n’ai vu qu’un homme, un homme emporté, commun, auquel il fallait opposer du sang-froid. J’étais pourtant loin d’être calme en sa présence ; car s’il m’avait frappé, je le tuais. — Vous l’auriez tué ! dit en frémissant le colonel ; vous aviez donc des armes ? — Non, répondis-je ; mais je vous en prie, colonel, ne m’interrogez pas davantage.
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J.-B. May Revue des Deux Mondes

« Continuez votre voyage, me dit le chef de la douane polonaise ; je serais désespéré de nuire aux intérêts d’un frère, mais comme je trahis, pour vous servir, le devoir qui m’est imposé, ne me compromettez pas à Varsovie ! Si le grand-duc Constantin vous interroge, dites que vous avez perdu votre passeport, et ne lui avouez pas de ma part une complaisance qui m’exposerait à tout son courroux. »
Je promis, et tins parole, car il en fut ainsi que le frère l’avait prévu. Un accident favorisa d’abord le mensonge qu’il me fallait faire.
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J.-B. May Revue des Deux Mondes

Dès que le grand-duc eut appris mon arrivée, il me fit ordonner de comparaître en sa présence. J’obéis, et lui récitai l’histoire préparée. Quelque trouble, sans doute, peint dans mes traits, éveilla sa défiance. Ses petits yeux gris-vert et très-vifs prirent une expression de menace. « Il y a un dessous de cartes dans cette affaire-là, me répondit-il. Je vais écrire à la frontière pour savoir si vous y êtes passé en règle. Retournez à votre auberge, et attendez. »
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