Julie Molé-Léger

L’Orgueil puni ([version manuscrite soumise à la censure, avec passages expurgés lors de l'édition en 1809])

Résumé

Julie Molé-Léger L’Orgueil puni ([version manuscrite soumise à la censure, avec passages expurgés lors de l'édition en 1809])

Labrie Colas ! Mais ne dittes donc pas ce nom la si haut.
Grosjean Et pourquoi ne veux-tu donc pas que j’appelle mon enfant par son nom ? C’est itou le mien, et s’il en rougissoit, il rougiroit donc de son pere ? Et il n’en est pas capable. N’est-ce pas, mon pauvre fieu ?
Florval, embarassé Ah ! Mon pere... Croyés... Que vous aimer, vous cherir fera toujours le charme de ma vie !
Grosjean Comme y parle ben ce bon garçon ! Ce n’est pas là un lourdeau de village, comme moi ! Ah ! Dame v’la ce que c’est que ce Paris !... Ça vous dégniaise un paysan... C’est que faut voir !...
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Julie Molé-Léger L’Orgueil puni ([version manuscrite soumise à la censure, avec passages expurgés lors de l'édition en 1809])

Grosjean, à Célestine Bonne ! Excellente demoiselle. Si vous ne rougissés pas de me nommer un jour votre pere, promettés moi d’abréger autant qu’il se pourra les peines de mon fils. En vérité je n’aurons pas un moment de repos tant que je le verrai gemissant et malheureux.
Celestine, bien modestement Quand il sera digne d’etre votre fils, il ne m’en coutera pas de le nommer mon époux.
Le Baron Allons mon cher que cet espoir vous encourage et vous suffise. Nous sommes trop heureux quand il ne dépend que de nous d’embellir notre avenir. Vous brave homme restés quelque tems ici.
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Julie Molé-Léger L’Orgueil puni ([version manuscrite soumise à la censure, avec passages expurgés lors de l'édition en 1809])

Le Baron C’est juste. Le présent de l’amitié s’embelira par l’amour. Mais je ne refuse pas papa d’aller vous reconduire. J’ammenerai ma Célestine ; vous votre fils il ne doit plus vous quitter.
Grosjean Non, sans doute. (bas à l’oreille du baron.) Et qui sait si nous n’abrégerons pas ainsi l’épreuve il en coute de bouder quand on aime. (haut) Le voyage distrait, le chagrin pese ; le besoin d’y faire succeder le plaisir se fait sentir ; et ma foi cellui qui nait du sentiment est pour les bons cœurs le plus doux charme de la vie.
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