Résumé

Portrait de Marivaux Marivaux La Femme fidèle Revue bimensuelle

Ne nuisez donc point à Monsieur, ne reculez point son mariage. Vous avez dit à ma fille que vous aviez encore à lui parler. Abrégez avec elle, et ménagez sa faiblesse là-dessus : à quoi bon l'attendrir pour un homme qui n'est plus au monde ? Ne vous reprocheriez-vous pas d'être venu nous troubler pour satisfaire aux injustes fantaisies d'un mort ?
LE MARQUIS
Vous avez raison ; mais heureusement Monsieur n'a rien à craindre ; on a, ce me semble, beaucoup de tendresse pour lui.
DORANTE
[Cette tendresse ne saurait résister] quand on lui parle du défunt.
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Eh ! palsangué, Monsieur !... c'est encore vous ! C'est Monsieur le Marquis, c'est Frontin ; je me moque des barbes, ce n'est que des manigances ; je sis trop aise, ça me transporte, il faut que je crie... Faut que j'aille conter ça : queu plaisir ! Faut que tout le village danse, c'est moi qui mènerai le branle ! Velà Monsieur le Marquis, velà Frontin, velà les défunts qui ne sont pas morts ! Allons, morgué ! de la joie ! je vas dire qu'on sonne le tocsin.
LE MARQUIS
Doucement donc ! ne crie point ; tais-toi, Maître Colas, tais-toi ; oui, c'est moi
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Vous me trouvez prête à terminer un mariage, et je ne vous dis pas que je haïsse celui que j'épouse ; non, je ne le hais point, j'aurais tort : c'est un honnête homme. Mais pensez-vous que je l'épouse avec une tendresse dont mon mari pût se plaindre ? Ai-je pour lui des sentiments qui pussent affliger le Marquis ?
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