George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand Le Lis du Japon

LA MARQUISE. Et M. Marcel fera droit...
JULIEN. Non, madame. On perd son bonheur, on ne le vend pas.
LA MARQUISE. Son bonheur ? Le vôtre ne peut pas être attaché à la jouissance de ce modeste appartement.
JULIEN. Pardonnez-moi, il est si clair, si gai, si riant ! des fleurs devant ma fenêtre, des gazons de plain-pied, un coin de ciel là-haut, des arbres là-bas, la chanson d’un petit jet d’eau, les moineaux qui me connaissaient... tout cela, c’est le bonheur, c’est la vie d’un pauvre artiste à Paris.
LA MARQUISE. Eh bien, alors, il m’en coûte de vous affliger. On pourrait s’entendre.
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Portrait de George Sand George Sand Le Lis du Japon

LA MARQUISE. Un esprit aussi élevé que le vôtre trouvera partout de pures jouissances et des modèles divins. N’en êtes-vous pas entouré ? Voici chez vous des plantes plus rares que les miennes, et vous ne devez pas les oublier pour celles du dehors. Vivez pour le bel art que votre père vous a enseigné, et où sa renommée vous soutiendra. Et, puisque vous aimez à symboliser, songez que les lis... en voici un admirable de blancheur !... ne doivent leur éclat qu’à leur pureté, et trouvez naturel qu’ils aiment l’ombre... et la solitude.
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JULIEN. La marquise est au-dessus...
MARCEL. De toute cupidité, je le sais ; mais le monde, qui la condamnerait si elle épousait un pauvre peintre, l’absoudra si elle épouse un honnête millionnaire. Et toi-même, oserais-tu accepter sa main, si tu n’avais que privation et misère à lui offrir ? Non, va, les mariages d’amour sont une belle chose, je n’en disconviens pas : J’aime ma femme, je travaille, elle épargne, ça nous occupe et nous lie. Mais, quand on est l’époux d’une marquise, il faut pouvoir la dispenser de l’économie, qui serait pour elle un supplice et une honte.
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