Résumé

La Savoie du nord

Après avoir partagé pendant plusieurs siècles vos destinées et vos périls, n’est-ce donc pas une dette d’honneur pour vous de ne pas disposer de la Savoie, de la laisser à sa propre initiative? Si, en 1848, le Piémont refusa toutes les offres de l’Autriche, s’il préféra de nouveau courir les hasards de la guerre plutôt que d’abandonner Venise, ce chevaleresque et noble trait de notre histoire sera-t-il aujourd’hui stérile, alors qu’il s’agit d’une soeur qui, bien que vieille, me semble avoir quelque droit à votre égard?
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La Savoie du nord

Si un peuple s’appartient, il est maître de ses destinées, de son territoire, il n’est au pouvoir de personne d’en faire un objet de mercantilisme, d’en disposer comme d’une chose, de l’assimiler à une marchandise.
Si ce droit est antérieur à une dynastie qui n’est jamais que passagère; s’il lui survit, les mots de maître et de sujet que l’on emploie improprement pour désigner les rapports des princes et des peuples, sont loin d’infirmer l’indépendance et la souveraineté de ces derniers.
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La Savoie du nord

Si l’on tient à la sincérité des suffrages, que l’on fasse voter séparément les provinces; que la Savoie méridionale laisse la Savoie du nord libre de s’annexer à la Suisse, à la France, ou de se constituer indépendante, suivant qu’elle le jugera convenable. C’est à ce prix, à ce prix seul que la liberté des suffrages peut avoir un caractère d’honorabilité pour la nation préférée.
En limitant son vote à la France, on blesse tous les principes de l’indépendance des peuples
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