Résumé

Portrait de Lucie B. Lucie B. La Justice des choses

Quels miracles tu fais, Édouard ! Changer les villes de place comme cela ! Est-ce par air ou par eau qu’elles voyagent ?
— Adrienne, dit la maman, il ne faut pas se moquer des ignorants. Ils sont assez malheureux, surtout quand leur ignorance est volontaire.
— Malheureux ! dit Édouard. En quoi les ignorants sont-ils malheureux ?
— Voudrais-tu bien être aveugle ?
— Oh ! dit en frémissant le petit garçon, non ! non ! j’aimerais mieux être manchot, bancal, ou n’importe quelle autre infirmité.
— Dans l’ordre moral et intellectuel, les ignorants sont des aveugles. Plus on sait, plus on voit.
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J’ignore si jamais ce traitement a pu guérir un enfant robuste ; mais parmi ceux qui meurent de la fièvre, combien sont morts, sans doute, de l’immersion !
— Brrr ! fit Édouard ; mais c’est de la barbarie, cela.
— Sans doute, et la science seule nous arrache à la barbarie. Un mal (et les maux ne manquent pas encore dans le monde) un mal est presque toujours une ignorance.
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Mais précisément, les ignorants ne jouissent pas de cette faculté. Ils sont, comme les aveugles, obligés sans cesse de prendre des guides. Or le guide de l’aveugle est le plus souvent un bon chien, qui fait honnêtement son métier, ou un enfant, et ni l’un ni l’autre ne vont conduire le pauvre aveugle dans les précipices ou sous les pieds des chevaux.
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