Résumé

Portrait de Ouida Ouida Revue des Deux Mondes

Mais qu’importait tout au monde ! son âme enchantée planait sur son corps consumé, bientôt Neillo serait avec elle !
C’était une fière joie ! le vieillard l’avait bien dit, pour une mère de savoir son fils sain et solide.
Elle tomba de besoin près d’une source, s’accroupit, et mangea son pain trempé d’eau claire. Puis, son besoin d’expansion la reprenant, elle dit aux habitans d’une masure sur le pas de leur porte :
— Telle que me voilà, j’ai vingt milles dans les jambes, que je ne sens pas du reste, car je vais trouver mon fils qui est à Belva, et qui m’a fait appeler.
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Un camelot qui passait informa la mère que les troupes passeraient à seize milles de chez elle.
— Du reste, cela ne vous avancerait pas beaucoup d’y aller, comment reconnaîtriez-vous votre fils, dans une telle cohue ?
Ne pas reconnaître son fils ! Elle avait ri.
Or l’absence, pour les malheureux, c’est la nuit ; une nuit que rien ne vient éclairer, car ils n’ont pas l’usage des mille moyens de communication propres aux riches. On avait bien dit à la mère que son fils reviendrait, mais quand, pourquoi, comment ?
L’Etat est une force aveugle, immuable, fatale, et l’État le tenait.
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C’est un brave gars que notre fils, mais qui ne vaut vraiment pas vingt milles de marche quand les grains ne sont pas rentrés et que l’orage menace.
L’excès du labeur et des privations avait engourdi le cœur de ce père qui n’estimait pas qu’avoir donné le jour vingt et un ans plus tôt à un fils valût le sacrifice d’une journée de travail. Ces lubies-là étaient bonnes pour les femmes.
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