Résumé

Revue Musicale de Lyon 1904-03-23…

Mais la beauté de Schumann est d’une sorte qui ne se révèle bien que dans la douce tiédeur des intimités. Il semble presque que l’interprète soit déjà de trop pour produire les élans de cette âme concentrée ; il semble qu’un seul auditeur suffise à offenser la pudeur de ce cœur entr’ouvert. Il faut écouter directement en tête à tête, ses discrètes confidences. L’ostentation publique en fait évanouir et le charme et l’émotion même, la plus profonde cependant et la plus tendre que la musique ait jamais exprimée peut-être.
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Toutes les anciennes règles d’harmonie et le contrepoint auraient fait une brochure de quelques pages ; mais il faut au moins deux grands volumes pour énoncer et expliquer les lois modernes. Tout ce qu’on pouvait retenir de l’ancien contrepoint a été retenu dans le nouveau. C’est une science et non un art, et c’est la plus comique des sciences. Les limites, solennellement posées par Cherubini et Macfarren feraient rire un mort : elles n’ont rien à faire avec l’art ; elles sont purement arbitraires.
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Il est inutile de se récrier. La musique qui ne peut s’expliquer par les règles, à laquelle on ne peut appliquer de règles, n’est pas de la musique pour eux. Si vous leur faites remarquer que ces élèves, après avoir perdu des années précieuses à apprendre ce qu’ils n’emploieront jamais (s’ils composent) et qu’ils l’oublieront deux jours après avoir quitté leur académie et leur conservatoire, les professeurs vous répondront avec feu Macfarren que l’on doit approcher l’art par le « côté de l’histoire ».
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