Victor Cousin

Victor Cousin

Résumé

Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Du mysticisme

L’être ici n’est pas simple, puisqu’il est à la fois être et unité ; l’unité seule est simple, car on ne peut remonter au-delà d’elle. Et encore, quand nous disons unité, nous la déterminons. La vraie unité absolue doit donc être quelque chose d’absolument indéterminé, qui n’est pas, qui ne peut même se nommer, l’innommable, comme dit Plotin. Un tel principe, qui n’est pas, à plus forte raison ne peut pas penser, car toute pensée est encore une détermination, une manière d’être. Ainsi l’être et la pensée sont exclus de la vraie unité.
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Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Du mysticisme

Mais il n’y a qu’un être qui soit digne d’être aimé ainsi, et qui puisse l’être sans illusions et sans mécomptes, sans borne à la fois et sans regret, à savoir l’être parfait qui seul ne redoute pas la réflexion, et qui seul aussi peut remplir toute la capacité de notre cœur.
Le mysticisme s’attache au sentiment pour l’égarer en exagérant sa puissance.
Le mysticisme commence par supprimer dans l’homme la raison, ou du moins il subordonne et sacrifie la raison au sentiment.
Écoutez le mysticisme. — C’est par le cœur seul que l’homme est en rapport avec Dieu.
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Portrait de Victor Cousin Victor Cousin Du mysticisme

Le mysticisme va plus loin : il attaque jusqu’à la liberté ; il ordonne de renoncer à soi-même pour s’identifier par l’amour avec celui dont l’infini nous sépare. L’idéal de la vertu n’est plus la courageuse persévérance de l’homme de bien, qui, en luttant contre la tentation et la souffrance, accomplit la sainte épreuve de la vie ; ce n’est pas non plus le libre et éclairé dévouement d’une ame aimante : c’est l’entier et aveugle abandon de soi-même, de sa volonté, de tout son être, dans une contemplation vide de pensée, dans une prière sans parole et presque sans conscience.
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