Georges Dumas

Résumé

Georges Dumas Revue des Deux Mondes

II Mais si l’amour mystique n’était fait que de tendresse humaine, ce ne serait pas le sentiment durable et puissant que tous les mystiques nous décrivent. Cet amour de Dieu, si profond qu’ils peuvent s’y noyer pendant l’extase, si impétueux qu’il les entraîne comme un torrent, si vivace que, pour beaucoup d’entre eux, il ne s’éteint qu’avec la vie, ne peut pas avoir son unique source dans un sentiment plus faible que lui. Ce ne peut être qu’un sentiment complexe où se résument et s’associent toutes les tendresses humaines, le faisceau de toutes les puissances d’aimer.
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Aimer Dieu, c’est haïr l’égoïsme, le mensonge, toutes les passions personnelles ou basses, et c’est aimer par-dessus tout l’austérité, la pureté, la bonté ; c’est se soustraire à l’éternel conflit de l’ange et de la bête par tous les moyens physiques et moraux dont l’âme dispose, et par la grande passion d’amour qui lui fait retrouver les hommes en Dieu ; cette alternance continue des bons et des mauvais désirs, dont le mystique souffrait à l’excès, ne se produira plus lorsque Dieu le dominera tout à fait
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Pour contempler, le mystique devra donc choisir une image et la fixer, et s’y perdre en s’abandonnant sans mesure aux sentimens d’amour, de tendresse et de reconnaissance qu’il éprouve devant elle. Quelquefois, dans cette contemplation, il se donnera éperdument, jusqu’à perdre la notion de lui-même, et il aura l’illusion qu’il se confond avec son Dieu ; d’autres fois, il sera plus conscient et plus calme ; mais il n’en éprouvera pas moins la joie de ne plus s’appartenir, il aimera son Dieu de tout de son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée.
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