Résumé

Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 10…

L’invention des hameçons, des appâts, des filets, des nasses a fait le malheur des poissons dans les eaux. L’invention des rets, des lacs, des trappes a fait le malheur des quadrupèdes dans leurs halliers. L’invention de la sophistique, traîtresse et venimeuse, avec ses théories sur la substance et les accidents, avec ses arguties sur l’identité et la différence, a troublé la simplicité du vulgaire. Oui, l’amour de la science, des inventions et des innovations est responsable de tous les maux de ce monde.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 10…

Qu’un grand brigand vole une principauté, il deviendra seigneur, et les prôneurs de bonté et d’équité des Sages, (politiciens à gages) afflueront chez lui, et mettront à son service toute leur sagesse. La conclusion logique de ceci, c’est qu’il ne faudrait pas perdre son temps à commettre d’abord de petits vols, mais commencer d’emblée par voler une principauté. Alors on n’aura plus à se donner la peine d’y revenir ; on n’aura plus à craindre la hache de l’exécuteur. Alors on aura pour soi tous les Sages avec toutes leurs inventions.
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Œuvre de Tchoang-tzeu/Chapitre 10…

Voici ce que le fameux Tchee enseignait à ses élèves : deviner où se trouve un gros magot, voilà la sagesse ; entrer le premier, voilà le courage ; sortir le dernier, voilà la convenance ; juger si le coup est faisable ou non, voilà la prudence ; partager le butin également, voilà la bonté et l’équité ; ne sont dignes brigands que ceux qui réunissent ces qualités. — Ainsi donc, si les principes des Sages ont pu profiter parfois aux honnêtes gens, ils ont profité aussi, et plus souvent, aux gredins, pour le malheur des honnêtes gens.
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