Charles Nodier

Charles Nodier

Résumé

Portrait de Charles Nodier Charles Nodier La Revue de Paris

L’invention de la lettre fut le chef-d’œuvre de l’homme civilisé ; et j’entends ici par chef-d’œuvre, non pas ce qu’il avait à faire de mieux, mais ce qu’il pouvait faire de plus. La multiplication indéfinie de la pensée par l’imprimerie n’est qu’un résultat. Arrivé à l’invention de la lettre, l’homme avait parcouru tout le cercle de sa puissance intellectuelle. Il était parvenu à matérialiser l’esprit. La civilisation, à ce degré, n’a plus qu’à finir, et tous les efforts qu’elle tenterait pour se donner une nouvelle destinée seraient inutiles.
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Portrait de Charles Nodier Charles Nodier La Revue de Paris

Vous ne mettrez pas le pied dans une maison de détention sans y entendre parler d’un club de voleurs, un peu moins gourmé que l’Athénée, mais tout aussi spirituel et beaucoup plus amusant.
Ce n’est pas l’ignorance qui fait les pervers. C’est une instruction incomplète et viciée dans sa source, qui exerce nécessairement sur les masses la funeste influence dont nos absurdes systèmes d’éducation populaire ont armé les méchans. Ce n’est pas l’instinct brutal des passions abandonnées à elles-mêmes qui excite l’épouvante et l’horreur dans les cachots et dans les bagnes.
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Portrait de Charles Nodier Charles Nodier La Revue de Paris

Tout prolétaire qui sait quelque chose de plus que lire et écrire est un infortuné que vous tenez arbitrairement captif aux limbes de la civilisation.
Tout prolétaire qui ne sait que lire et écrire est pis encore. C’est un esprit faussé.
L’instruction universelle produit donc deux résultats d’un coup. Elle partage vingt-cinq millions d’hommes en deux classes : — les malheureux et les sots.
La lecture n’a pas introduit une idée saine dans l’esprit de l’homme. Elle y a jeté toutes les aberrations et tous les mensonges de la société.
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