Résumé

George Valbert Revue des Deux Mondes tome 93, 1889

Nous aimons à nous compliquer, à nous contourner, à nous tordre et à nous détordre, à tourmenter notre parole comme notre pensée.
Ce qui nous manque surtout, c’est le repos, c’est le calme des forts. Nous ne sommes pas seulement des êtres compliqués, nous sommes des agités. Tout nous invite à augmenter notre être, à multiplier, à varier sans cesse nos sensations, à nous donner de nouveaux modes d’existence ; mais nous sentons que si notre désir est infini, notre nature est bornée, que l’étoffe manque, et l’inquiétude nous ronge. Nos machines nous font croire que tout est possible
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George Valbert Revue des Deux Mondes tome 93, 1889

Les femmes, devenues les égales des hommes, exerçant les mêmes métiers, cultivant les mêmes études, délivrées, elles aussi, de tout préjugé, devenues étrangères à toute coquetterie comme à toute fausse pudeur, ne seront plus des femmes, mais des « hommesses. » Voilà le paradis qu’il nous peint... Oh ! l’ennuyeux peuple ! Oh ! les sottes et insupportables gens ! Que bénies soient nos querelles avec la vie, nos contradictions insolubles et nos femmes qui sont des femmes !
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George Valbert Revue des Deux Mondes tome 93, 1889

Les Romains de l’époque impériale avaient le droit d’être nourris et amusés ; les petits de ce temps y ajoutent le droit d’être instruits, et demain ils auront celui d’être assurés contre la maladie, les infirmités, la vieillesse. Que ne pouvons-nous les garantir contre la mort ! C’est une vertu que nous avons, et cette vertu a engendré un défaut dont nous souffrons. La vénération que nous avons pour le moi d’autrui nous autorise à en avoir beaucoup pour le nôtre, et il en résulte que le siècle des machines a vu se développer l’égotisme dans des proportions inconnues jusqu’ici.
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