Catherine Derby

Élements biographiques

Catherine Derby Le Livre rose

« Venez près de moi, ma bonne Henriette, dit un soir l’amiral B... en attirant près de son grand fauteuil sa belle et fraîche petite-fille ; venez, mais il faut d’abord que je commence par m’accuser d’un grand tort envers vous, d’un tort dont j’aurai peut-être bien de la peine à obtenir le pardon. »
Les yeux bleus de miss Henriette Harrington se tournèrent avec tant de douceur vers son grand-père, que si l’amiral avait ressenti la moindre inquiétude sur son ressentiment, il eût été immédiatement rassuré.
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Catherine Derby Le Livre rose

Je sais bien que tu n’en auras jamais dont tu doives rougir ; cependant, tu seras bien jeune encore quand sir Nellys sera un homme fait, désabusé ; car, vois-tu, Henriette, les hommes se désabusent de tout ; le frottement du monde les rend soupçonneux et souvent durs. Tu as seize ans, Nellys en a trente-deux ; tu seras encore bien brillante, tu aimeras encore beaucoup les plaisirs, qu’il ne s’occupera plus, lui, que d’affaires sérieuses. Peut-être auras-tu seule la garde de ton innocente vie et de tes actions ; mais qui sait si Edouard alors ne t’en demandera pas sévèrement compte ?
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Catherine Derby Le Livre rose

Eh bien ! tout cela n’est point assez, mon enfant, reprit l’amiral ; et ce qu’il vous manque à tous les deux, c’est, à toi, ma fille, un caractère moins confiant, moins expansif, moins léger, en un mot ; ce qu’il faut à sir Nellys, c’est plus d’indulgence, moins de penchant à accorder une influence excessive aux exigences, aux préjugés du monde. Tu ne vois point tout cela, mon enfant, parce que tu es sous le charme de la plus belle illusion de la jeunesse ; parce que tu crois que l’amour est éternel, et qu’avec lui on ne peut jamais souffrir
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