Résumé

Auguste Walras Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques

Et, en effet, dans le système de J.-B. Say comme dans celui de Smith et de Ricardo, la production se présente toujours comme un grand échange où l’on donne des services productifs contre des produits, et, dans un système comme dans l’autre, la valeur des choses qui en ont une représente toujours la valeur des choses qui ont été consommées pour les produire. Si la richesse sociale n’est jamais que de la richesse produite, si toutes les valeurs sont des produits, il s’ensuit rigoureusement que la valeur des produits n’est autre chose, sous un autre nom, que la valeur des services productifs.
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Auguste Walras Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques

Je tombe d’accord avec Condillac, que le travail a une valeur, et que payer en argent ou payer en travail, c’est toujours payer. Mais il ne faut pas abuser des termes et mettre des subtilités à la place du sens commun. Appeler travail l’action d’un homme qui s’approche d’une fontaine pour se désaltérer, l’action d’un homme qui s’épanouit aux rayons du soleil, ou l’action de celui qui ouvre la bouche pour laisser pénétrer l’air dans ses poumons, en vérité, c’est se moquer de ses lecteurs.
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Auguste Walras Séances et travaux de l’Académie des sciences morales et politiques

En partant de la production, de l’industrie ou du travail, on ne va pas au fond de la question qui nous occupe, celle de l’origine de la valeur échangeable. On se fait illusion sur la nature de la richesse sociale, et sur le véritable objet de l’économie politique ; on construit une théorie telle quelle de la production ; on décrit avec un certain degré de fidélité le rôle de l’industrie et des manufactures, mais on ne donne point une théorie exacte et complète de la valeur d’échange, de sa nature et de son origine.
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