Résumé

Auguste Walras Revue mensuelle d’économie politique

Combien y a-t-il, ou pour mieux dire, combien n’y a-t-il pas d’espèces de vin, de laine, de froment ? Combien de qualités de bois, d’huile, d’étoffes et de tissus de toute nature ? Quelle idée pouvons-nous nous faire d’une aune de toile ou de drap, si l’on n’a pas le soin de nous en indiquer la qualité ? Voilà certes un désavantage évident que nous n’éprouvons point lorsqu’il s’agit des métaux précieux. Quand on nous parle d’une once d’or ou d’une livre d’argent, nous savons qu’il est question de la seule et unique espèce d’or ou d’argent qu’il y ait dans la nature.
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La monnaie, disons-nous, est une marchandise, et, sous ce point de vue, elle a une valeur qu’elle tire des métaux précieux dont elle est formée, ou, pour mieux dire, la monnaie n’est autre chose que les métaux précieux eux-mêmes se prêtant à un nouvel usage, ou fonctionnant d’une nouvelle manière. Lors donc qu’on mesure la monnaie, on la mesure comme valeur et non point comme marchandise. La monnaie, considérée comme monnaie, n’est point une grandeur appréciable, à moins qu’on ne veuille la considérer sous le rapport de son poids ou de son volume.
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Mais l’or et l’argent jouissent, au plus haut degré, de cette propriété de plaire à tous les hommes, d’être goûtés et recherchés par tous ceux qui sont à portée de les connaitre.
Tout le monde sait que l’utilité est relative à la condition de l’homme, a son âge, il son sexe, à ses habitudes et a ses mœurs ; qu’elle dépend du climat, de la nature du sol, du régime de vie, du degré de civilisation et d’une multitude d’autres circonstances qu’il serait trop long d’énumérer. La chose la plus utile à tel ou tel individu peut être souverainement inutile à tel ou tel autre.
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